la Création ou l’Evolution

La Raison est tiraillée entre le principe de la Création et celui de l’Evolution. Ils représentent  deux tendances dichotomiques qui  « ne doivent pas » s’unifier.  Cela revient, évidemment, à l’hégémonie, par alternance, exercée à une époque par les adeptes de la Création sous l’égide de la religion durant 20 siècles au moins, dont les textes révélés furent interprétés exclusivement par les hommes des religions ou prêtres ; qui parlent au nom du Dieu, sans qu’ils se rendent compte de ce qu’ils ne suivent  pas le progrès matériel. On est face à un retard de la Raison religieuse : elle est  statique vis à vis du progrès ; mais les tendances matérialistes – en particulier polythéistes, qui adoraient les pierres, les astres, les animaux ainsi que des hommes légendaires ; bref ; ils déifiaient la matière ou matérialisaient la divinité- avaient fait coulé, avant la triomphe des hommes de Livres, des fleuves de sangs d’êtres méprisables qui se convertissaient soient au judaïsme ; au christianisme et en islam- avec la particularité de ce que les musulmans avaient subi 13 années de torture et 10 autres années de lutte contre leurs bourreaux seulement-  ainsi, ces bains de sangs avaient marqué l’inconscience collective par des plaies profondes, qui furent traduites par des vengeances effroyables contre les gens qui contestaient les interprétations fausses des Textes révélés, fausses parce qu’ils ne doivent pas et ne peuvent pas transcender le plafond intellectuel de leurs époques : la connaissance veut dire connaitre ce qu’on ne connait pas !

Bien entendu, l’homme de religion «  omniscient » n’admet pas qu’on le dépasse, et relègue se dépassement au piétinement du droit divin !? Bref, il défend son statut d’intermédiaire  entre le ciel et l’ici bas par le rejet de toute interprétation  « hérétique » du Texte sacré, alors que le  « A » religieux s’en  moque tout simplement. Il s’agit  d’une compétition sur le statut de connaisseur.

Initialement, le principe de la Création demeure ouvert dans le Texte coranique, et ne réfute pas toute proposition adéquate et évolutive ; certes, le Coran relègue toute chose à DIEU, mais il ne définit pas comment cela est concrétisé : est-ce par miracle ? Le miracle est soumis aux Lois aussi, ou, plutôt, le miracle est une anticipation dans le temps, qui ne concerne que ceux qui en étaient témoins, quant à moi, je crois au Texte coranique, étant  l’unique Texte révélé dont LE Locuteur c’est DIEU et le principal interlocuteur  c’est Mohamed et  – avec le plus grand respect aux Textes antérieurs, qui reconnaissent les modifications surajoutées par le rabbins et autres, mais ils proviennent de la même source que le Coran : de DIEU –  ainsi que tout critique quel que  soit  sa croyance peut distinguer cette différence ; Mohamed n’était pas schizophrène avec une double personnalité qui agissent par alternance. En gros, les prophètes ne sont pas sujets à la critique, à tort et à travers, étant donné que la Révélation s’en est chargée : à titre d’exemple, la conduite de Mohamed est entièrement  exposée dans  le Coran qui ne cesse pas de lui reprocher ses réactions,  parfois, «  hâtives » vis-à-vis des mécréants, des injustes, des hypocrites ou même  vis-à-vis de ses compagnons, la Révélation n’anticipe jamais sur la Raison, elle lui lègue toute sa liberté pour décider et agir , puis intervient en vue de corroborer ou corriger l’acte entrepris. Cela dit, le Coran  nous informe sur des événements extraordinaires que même le prophète Mohamed n’en était pas témoin, des événements en commun avec les Textes bibliques et d’autres qui ne sont dévoilés que dans  le Coran.

Cette abstraction de non définition  du principe de la Création doit nous ramener  à disjoindre les termes qui, parait-il, se confondent avec lui.

Notons, d’abord, que le verbe « créer » signifie : 1- donner quelque chose du néant, 2-donner l’existence à quelque chose qui n’existait pas encore, «éventuellement à partir d’autres éléments, 3- fonder, instituer, élire, 4- produire, faire naitre, susciter, 5- imaginer, inventer, 6- (fig) faire subir, donner, provoquer (…)  le champs sémantique du  verbe « créer » est si large qu’il est difficile de le cerner au milieu d’une bergerie. On est astreint  d’indiquer, au fur et à mesure, le champ où est utilisé le verbe « créer » pour éviter toute confusion, à moins, et faute d’expression, qu’on veuille emprunter le sens d’un  champ et l’attribuer à un autre, pour mieux expliciter une conception.

     Ainsi, seul le sens( 1) que s’attribut le champ religieux, quant aux significations restants sont des termes à usage commun entre la religion, la philosophie et ce qui en découle – sciences humaines y compris- les sciences  physique, naturelles, mathématiques(…)  ; mais que veut dire : donner quelque chose du néant ? Tandis que le terme « néant » ne se dévoile pas entièrement, non pas, uniquement, au niveau linguistique, mais aussi, sur le plan épistémologique. En effet, le terme « néant » nous envoie au temps « 0 » au il n’y avait rien, ou plutôt, devant le mur infranchissable jusqu’à nos jours : le mur de Planck au toute la physique moderne s’effondre, et ce qu’on dit par delà ne sont  que de « simples spéculations » Selon Hubert Reeves ; or le terme « vide », pour éviter toute confusion, ne renvoie pas au sens désiré : néant, parce qu’il désigne une partie dans l’espace qui ne contient absolument rien, mais elle n’est pas dépourvue d’énergie.

Le Coran (j’insiste  sur ce Texte en particulier vu ma large et  profonde connaissance de ses versets) propose DIEU en qualité de CREATEUR de l’EXISTENCE sans mentionner comment. Et bien sûr, tout au long de l’histoire, l’imagination s’ingéniait, sans répit, à dicter des scénarios aussi divergents qu’impossibles à saisir, puis, acquièrent le statut de croyances  qu’on ne peut pas vérifier. Et, tout ce qui n’est pas vérifiable ne relève pas du domaine des sciences selon Carle Popper, ainsi, elles « transcendent » toute révision, et cela contribue à la dissidence des communautés, des races, des genres, des cultures pour participer à la compétition qui sélectionne, injustement, la, présumée, meilleure  religion, de la race élue, des lieux supposés  saints.

Le terme « néant » c’ est le champ qui nous sépare de la Vérité absolue, et la Raison, laquelle s’interfère avec l’espace, que ce soit d’une manière virtuelle : mathématique, ou expérimentale : physique- ne parvient pas à saisir le « néant » dépourvu de l’ espace-temps , or, pour l’y inclure on doit postuler que «  ses dimensions » sont  plus petites que ce dernier, ce qui n’est  pas  conforme avec « sa nature », une nature indéfinissable, et peut-être impossible à définir.

D’ailleurs, le Texte coranique n’attache pas une très grande importance à cette terminologie qui est, à vrai dire, le produit de la Raison, celle-ci entre en conflit avec elle-même en s’accusant, tantôt par l’hérésie, tantôt, par l’apostasie, sans chercher un terrain d’entente sur lequel on peut se débattre sans discrimination, ce conflit est le résidu de la Raison unidimensionnelle, sachant que le Coran insiste sur la Création accompagnée par ce fameux « comment », qui insinue que l’existence doit subir des transformations ou passer par des phase qui se succèdent, parce que chaque phase prescrit les bords d’une évolution pour en  entamer une autre : en ce sens, l’Evolution est une méthode parmi d’autres  de la Création que l’Homme a découverte, mais ce n’est pas la Méthode complète grâce à laquelle on peut tout expliquer, les mathématiques n’arrêtent pas de s’amplifier, l’astrophysique ouvre de nouveaux horizons macro et microscopiques, la biologie est entrain de trouver des points de rencontre avec la chimie et la physique, les sciences humaines sont un peu en retard parce qu’ elles sont ralenties  par le caprice humain, mais elles avancent à des pas lourds ; la métaphysique seule qui n’arrive pas à se débarrasser de son lourd héritage, étant donnée qu’elle ne révise pas ses idées présumées universelles en vue de leur attribuer une conception admissible.

La Religion, elle( avec R  majuscule), (telle qu’elle est explicitée dans le Coran) sans en faire une propagande,  appelle à unifier DIEU, CREATEUR de L’existence, et  nous invite à comprendre comment cela est réalisée,  ou plutôt faire tourner la pendule en arrière, car les secrets de l’existence résident dans le passé, dont les fossiles  désignent  adéquatement  la chronologie des événements spatiotemporelle ;  quant  aux interprétations des Textes révélés  sont le fait de la Raison tout court, alors que l’homme de religion est prédisposé à cohabiter avec les plus grandes découvertes scientifiques sans qu’il soit repoussé tant qu’il n’implique pas le Texte par de fausses interprétations dans les recherches expérimentales d’après Bertrand Russel. Et bien évidemment, le Coran ne contraint pas la Raison à connaitre la Vraie Nature de Dieu, et tout ce que qu’on en dit n’est qu’une simple tautologie. Encore faut-il ajouter que la plus grande déférence entre la métaphysique et la Religion, est que cette dernière n’impose pas un scénario extraordinaire à la Raison, laquelle est censée renouveler ses principes, postulas, données lorsque ceux-ci s’épuisent.

Effectivement, l’Evolution est un processus de trasformation « progressive » et lente, c’est-à-dire un changement de forme qui atteint tous les aspects physiques, y compris les formes biologiques, terrain de mésentente- cauteleuse ou naïve- entre l’esprit religieux et non religieux. Bien entendu, l’énergie se transforme en matière après avoir parcouru un long processus et devient de plus en plus lourde. Le secret de la vie n’est pas encore dévoilé, tout ce qu’on en dit n’est que des anticipations hâtives ou  des propos vides de sens, on n’est pas certain s’elle  provient d’ailleurs ou fleurit tout près de nous. On est au début du chemin.

Toutefois, le principe de l’Evolution,  ne grimpe  pas  toujours vers le haut,  pour la matière, elle s’incline vers le bas, mais l’intelligence connait un saut exponentiel cernée dans un corps aussi fragile que le notre : sachant qu’elle réduit  l’énergie à la matière ,  la grande température du fond diffus cosmologique se refroidit pour atteindre à ce jour( -273 degrés), elle passe de l’agglomération au désintégration, de l’ordre au désordre comme l’indique la formule  d’entropie de Boltzmann(…) Mais de l’autre côté, l’homme approfondie sa connaissance de l’univers et de l’existence, pas forcement les secrets primordiaux de l’existence, faute de notre inadaptabilité biologique et spirituelle pour la saisir- et ça reste à prouver sans équivoque- mais actuellement, nous nous contentons des résultats obtenus, pour conclure que l’évolution parcourt deux voix contradictoires, et cela laisse croire que nous – le humains- sommes, peut-être venus à la dernière scène de l’existence – simple supposition- ce qui nous astreint à voir au passé lointain pour comprendre le présent  du monde physique, qui partage avec la métaphysique des questions suspendus jusqu’à nos jours tel que la causalité ou la problématique de Hume, l’espace, le temps, l’étincelle de la vie, le néant (…)

Ces orientations antipodes de l’Evolution nous amènent à réfléchir sur notre essence, est-ce vrai que cette incohérence  nous submerge dans le chaos ? A cette question, il n’ya que deux réponses antipodes aussi : croire à la divinité telle qu’elle est mentionnée dans le Coran – sans recourir aux exégèses  qui reproduisent les mythologies en leur donnant un aspect de divinité- ou ne pas recourir  à tout ce qui n’est pas physique, et laisser toutes les portes de dialogue ouvertes, sinon, nos croyances et champs d’activités intellectuelles vont constituer un obstacle épistémologique sûr, et rejette toute entente.

Cet article est dédié au grand penseur et archéologue de la connaissance, le défunt,  George Tarabichi.

Mohamed Berrada

fberradamohamed@yahoo.fr

   

 

 

 

 

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